Combien d’espace ?

Une autre question qui revient souvent, et fait l’objet de multiples spéculations est la quantité d’espace nécessaire à nourrir son homme, en fonction des techniques agricoles employées. La question posée est en général la suivante : « sur combien d’espace faut-il compter pour être autonome alimentairement ? ». Et la réponse est : « un certain espace », évidemment. Tout dépend de ce que vous appelez autonomie, de la technique employée, du temps que vous y passerez, de l’énergie (dans tous les sens du terme) que vous y dépenserez, du climat qui est le vôtre, et sans doute de quelques autres paramètres. De quoi arriver à des résultats très différents.

Généralement, les gens qui posent cette question précisent : « de manière totalement bio, avec du matériel purement manuel ou presque, et de manière totalement pérenne ». Ce qui réduit évidemment les paramètres, mais en introduit d’autres. Notamment, la compétence et l’endurance : quand on se passe d’huile de roche, il faut un peu d’huile de coude, et quand on s’interdit les méthodes chimiques, il faut des vastes connaissances et une bonne expérience.
Pour se donner une idée, on peut se baser sur une technique chère à Korrotx, que j’ai déjà évoquée mais dont il vous parlera bien mieux que moi : la biointensive. C’est une méthode qui a l’avantage d’avoir été assez bien étudiée, qui a fait l’objet de mémoires dans les universités de Californie, et qui est par bien des aspects très scientifique (on mesure précisément les écarts entre les plantes, on sème et plante à des moments bien déterminés, on associe, alterne et fait se succéder les cultures de manière bien étudiée…).

La première remarque préalable est qu’il faut une dizaine d’années pour maîtriser parfaitement la méthode et avoir produit des planches de culture parfaitement fertiles. C’est un travail de longue haleine. Un peu comme dans un art martial, il faut une longue ascèse pour atteindre les niveaux supérieurs. Mais il apparaît que sous le soleil de Californie, on peut assurer la production complète de légumes pour une personne, toute l’année, soit 135kg, sur 9m2. Et toute l’alimentation d’un végétarien, avec quelques extras carnivores, sur 400m2 environ. Pas mal. Cerise sur le gateau, si ma mémoire est bonne, il est alors possible de nourrir une famille de 4 personnes en travaillant seulement un mi-temps à l’année.

Mais, je le dis tout net à nos lecteurs qui envisagent déjà de tout abandonner pour aller cultiver leur jardin à mi-temps, arriver à une telle production avec cette méthode suppose une connaissance parfaite du sujet, une rigueur absolue, et préalablement, beaucoup plus de travail. Et de plus, au nord de la Loire, vous pouvez largement majorer la surface requise. Faire pousser des choses à manger, c’est pas si facile. D’autant plus qu’il s’agit de manger tous les jours, bon an mal an.

Disons que 1000m2 par personne est une surface minimale à envisager. Il me semble d’ailleurs que la FAO fixe le seuil de famine à 700m2. Mais évidemment, cela ne concerne que la partie alimentaire de l’autonomie. Il faudrait envisager aussi les cultures textiles, la construction, l’énergie. Comptez à l’aise 2000m2. Disons qu’une famille avec deux enfants doit pouvoir envisager s’installer sur un peu moins d’un hectare.

Mais bon, vivre à la mode « petite maison dans la prairie » n’est peut-être pas la tasse de thé de tout le monde, même parmi les lecteurs de ce blog. Parfois, il est bon d’échanger un peu de sa production contre des espèces sonnantes et trébuchantes, pour accéder un peu à la consommation. Combien faut-il alors cultiver pour vivre tout de même de manière pas trop marginale ?

J’aurais tendance à dire : exactement la même surface. Avec exactement les mêmes réserves : faire vivre une famille à partir de la production d’un seul hectare nécessite une grande expérience et une rigueur absolue. Plus concrètement, nous avons le modèle des Amap, qui a l’avantage énorme de ne pas être théorique, et de parfaitement fonctionner. On constate qu’il faut alors deux hectares à deux hectares et demie environ pour assurer des revenus suffisants à cette même famille de 4 personnes (et en général, un salaire d’appoint est bienvenu pour mettre du beurre dans les épinards). Je ne doute pas qu’il soit possible de diminuer nettement cette surface, mais c’est à condition de posséder d’autres sources de revenus durant la phase d’apprentissage. Et là encore, cette phase sera laborieuse.

Quelle que soit votre conception de l’autonomie, ne comptez pas devenir autonome sur un lopin de terre sans un minimum d’efforts, de temps, et bien sûr, d’espace.

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24 commentaires pour Combien d’espace ?

  1. Émile dit :

    Hello !

    Très intéressant tout ça, en ce qui concerne la famine en Irlande, il m’apparaît tout à fait possible que certains exportaient pendant que d’autres crevaient de faim… le livre d’Irène Némiroski « Suite française » est sur ce point très éclairant.

    Moi qui ai la chance d’avoir un petit potager, je m’aperçois qu’effectivement la proximité est très importante, en bio et encore plus en permaculture, les légumes demandent une attention de tous les instants. Le mieux est de passer au moins une fois par jour voire deux en période critique.

    Je m’aperçois aussi que les conditions météo difficiles demandent d’avoir des cultures variées pour qu’en cas de coups durs on puisse manger un p’tit quelque chose.

    Ce soir je me suis battus contre la piéride du chou, les escargots qui s’attaquent aux petits pois, j’ai éclairci le basilic, j’ai soigné les tomates, j’ai un peu désherbé… ça m’a pris pas mal de temps et pourtant mon potager ne fait qu’environ 40 m². toutefois je suis à cheval entre le bio et la permaculture et je dois dire que tout cela est passionnant.

    Encore bravo pour ce formidable site

    Émile

  2. Tis dit :

    Je voudrais préciser ce que je voulais dire avec cette phrase : « La solution contre la famine repose sur la diversité des productions qui peuvent être complémentaires sur une même surface »
    Il est facile de constater que sur une petite surface il est plus judicieux de cultiver des plantes potagères et quelques arbres fruitiers (éventuellement palissés contre un mur) que des céréales, car la production sera beaucoup plus importante et nourrissante et sera infiniment moins sujette aux aléas climatiques.
    Le fait de prendre la production de céréale comme mesure universelle de la fertilité d’un terroir me semble actuellement dommageable car cela induit inconsciemment l’idée qu’il n’est de procuction « valable » que céréalière (donc plus ou moins mécanisée).
    Les grandes famines me semblent toutes plus ou moins liées à des périodes où un aliment primait sur tous les autres.

  3. Koldo dit :

    « faites le bilan de tout ce que vous désapprouvez, et vou verrez s’il n’en ressort pas un schéma précis. » (Ryuujin)

    Moi je ne vois pas, tu m’expliques?

  4. fabien dit :

    Ce qui serait bien, c’est que tu t’appliques à toi-même ce que tu réclames aux autres. Tu demandes des sources. Où sont les tiennes, qui te permettent de supposer que, contrairement à ce qui s’est fait tout au long de l’histoire, dans à peu près toutes les civilisations du monde, le montant dû par les fermiers irlandais à leurs propriétaires ait soudain « représenté une cacahuète » ?

    Tu lances un argument sans le moindre commencement de preuve, on te donne un lien, tu réclames une source, on te donne une source, et tu viens encore faire une supposition oiseuse, même pas poliment. Mais t’as rien de mieux à faire que troller à une heure pareille ?

  5. Ryuujin dit :

    ah, effectivement.

    Et ça représente quoi par rapport aux besoins ?

    Parceque bon, si c’est une cacahuète à coté, tu parles d’un argument.

  6. fabien dit :

    Voici une source universitaire. Pas de grands détails, mais ça corrobore Wikipédia :
    http://www.unige.ch/lettres/istge/memoires/werlen/Chronogen1.html
    « La Grande Famine.
    Récolte de 1845: détruite par le mildiou. Février 46: Peel fait voter Coercion Act et abolition des droits sur le blé. Récolte de 46: encore plus désastreuse. Totalité de l’île en proie à la famine et aux épidémies (typhus et « fièvres de la faim »). Récolte de 47: saine. Récolte de 48: complètement détruite. L’aide alimentaire est faible (l’Etat est non-interventionniste). Les exportations hors de l’Irlande continuent (le tenancier irlandais, même affamé, vend son blé pour payer le fermage et éviter l’expulsion). Aide uniquement privée.  »

    Evidemment, les universitaires suisses sont connus pour leur anglophobie viscérale.

  7. Ryuujin dit :

    synthèses d’infos, oui, mais vérifiables, contrairement à ce genre de rumeurs anglophobes ( qui ont effectivement cours en Irlande ).
    Si tu veux t’amuser à faire le tri, bon courage ; je t’invite à te pencher sur les articles ( quasiment jamais documentés, ni même argumentés ) : tu as un travail monstre.

  8. fabien dit :

    Parfait. Dois-je donc considérer la plupart de tes interventions sur ce blog comme bonnes à effacer, puisqu’elles ne constituent pas une source, mais bien la synthèse de tes connaissances, croyances, certitudes et convictions ?

    Désormais, j’effacerai donc tout ce que tu diras sur ce site, sauf les affirmations dûment et solidement sourcées.

  9. Ryuujin dit :

    oui, et quelle source ? ( Wikipedia n’est pas une source, mais une synthèse ).

  10. fabien dit :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_famine_en_Irlande
    « Contrairement à ce qui c’est passé pendant la famine de 1780, les ports irlandais restent ouverts sous la pression des négociants protestants et l’Irlande continue à exporter de la nourriture. Des régions de l’île où des familles entières meurent de faim, des convois de nourriture appartenant aux landlords, escortés par l’armée partent vers l’Angleterre. Certains propriétaires expulsent même leurs paysans, même s’ils peuvent payer leur loyer comme lors du Ballinglass Incident. »

  11. Ryuujin dit :

    « Nous n’avons dit nulle part que nous souhaitions imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. On me demande quelle surface il faut pour être autonome. Je réponds à la question, en étant très prudent, et limite dissuasif. Par exemple, je précise : “D’autant plus qu’il s’agit de manger tous les jours, bon an mal an.” »

    Mais je n’ai jamais dit le contraire.

    « Tu parles de “notre schéma”, mais nous n’avons pas de schéma. C’est toi qui nous en inventes un. Tu tentes de nous faire passer pour je ne sais quoi, des illuminés… »

    Faut pas pousser grand mère dans les orties : faites le bilan de tout ce que vous désapprouvez, et vou verrez s’il n’en ressort pas un schéma précis.

    « Mon optique à moi, c’est de tester sur petites surfaces »

    Et moi je te rappelle qu’il y a un problème d’échelle, cad que ta production sur une petite surface au sein d’un système sur grandes surfaces n’est probablement pas la même que celle d’une petite surface dans un système semblable.
    En gros, on ne peut rien prédire ainsi, on ne peut rien interpoler parceque ces chiffres sont soumis aux systèmes de culture voisins, qui sont susceptibles d’évoluer également.

    « Pourquoi se cantonner à l’Europe alors que le système agricole est aujourd’hui mondialisé ? »

    Parceque malgrès la mondialisation, toutes les agricultures ne se sont pas développées.
    Par exemple l’agriculture au Zimbabwé n’a pas vu la couleur de la révolution verte.
    La mondialisation n’homogénéise pas, elle ne génère aucune égalité.

    « Pourquoi parler de durée alors que ce système est largement basé sur des ressources non-renouvelables, dans un monde en mutation rapide ? »

    Et pourquoi pas ? Il y a des alternatives au pétrole ( surtout en agriculture ), pas à la famine.
    Si un jour notre production se révèle insuffisante, ce sera trop tard.

    « Si nous souhaitons réellement cesser de piller la nourriture du Tiers-monde il me semble qu’il faut tenir compte des potentialités de l’endroit où nous vivons. »

    yep, en oubliant pas qu’il y a deux façons de piller l’agriculture de ces pays :
    – y favoriser des cultures dont les produits sont entièrement exportées ( canne à sucre, café, soja… ) par rapport aux cultures vivrières.
    – y déverser à bas prix nos excédents dont la production demande 20 fois moins de travail que les leur.

    « La solution contre la famine repose sur la diversité des productions qui peuvent être complémentaires sur une même surface comme cela est démontré quotidiennement entre autres par Takao Furuno au Japon dont la ferme de 2ha produit chaque année 7 T de riz + 300 canards + 4000 canetons + des légumes pour 100 personnes. »

    sauf que :
    – personne n’a jamais pu vérifier ces chiffres.
    – on ne connait rien de leur stabilité.
    – à la moindre sécheresse, il n’en reste plus rien.

    En outre, la diversité des productions, au sein de l’agriculture vivrière c’est un luxe ; les 4/5 du temps quant il y a des problèmes de famines, les populations agricoles n’ont plus assez de surface par personne pour se permettre la moindre diversité des culture : ils sont obligés de cultiver des plantes à haut rendement énergétique pour survivre.
    Quant elle est possible, certe, elle est on ne peut plus importante ( ne serais-ce que pour se protéger des carences ) mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

    « Ainsi de nombreux irlandais sont morts de faim à la fin du XIXème siècle à cause du mildiou alors que leurs côtes regorgeaient de fruits de mer et que leur pays exportait de la nourriture. »

    Niveau foutage de gueule, ça c’est pas mal.
    Parceque tu crois que comme ça d’un seul coups, on peut décider de décupler les quantités pêchées pour compenser l’absence de récoltes de pommes de terre ?!?
    Mais alors pourquoi crois-tu que la pomme de terre était cultivée puisque d’après toi les fruits de mer suffisaient ?!?

    Il faut retomber un peu sur terre : les productions potentielles sont limitées.
    Si tu passes d’une production à deux, cela signifie aussi que chacune de tes production est divisée par deux. Si l’une foire, il te reste la seconde, c’est mieux que rien certe mais ne va pas croire que ça va compenser la perte de la première ; tu te retrouves avec l’équivalent de la moitié de la production de pomme de terre une année normale.

    Idem : je me demande bien d’où tu sors que l’Irlande exportait de la nourriture en 1846, 47 et 48 ; elle exportait de l’Irlandais…mais de la nourriture, là je demande à voir !

  12. Tis dit :

    « La superficie agricole totale de la France métropolitaine représente près de 33 millions d’hectares, soit 60 % de la surface du pays, le reste se répartissant entre les bois et forêts (15 millions d’hectares) et le territoire non agricole (7 millions). Cette superficie agricole diminue lentement depuis de nombreuses années au profit des deux autres utilisations. Une partie de ces terres n’est pas cultivée ; après d’importantes opérations de défrichement, d’assainissement et de remise en culture poursuivies jusqu’aux années 70, elle se stabilise désormais à près de 3 millions d’hectares. La superficie agricole utilisée est donc d’environ 30 millions d’hectares, soit un demi-hectare par habitant »
    La suite (article publié en 2001): http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/jospin_version3/fr/ie4/contenu/23120.htm

    Si nous souhaitons réellement cesser de piller la nourriture du Tiers-monde il me semble qu’il faut tenir compte des potentialités de l’endroit où nous vivons.

    La solution contre la famine repose sur la diversité des productions qui peuvent être complémentaires sur une même surface comme cela est démontré quotidiennement entre autres par Takao Furuno au Japon dont la ferme de 2ha produit chaque année 7 T de riz + 300 canards + 4000 canetons + des légumes pour 100 personnes.

    Par ailleurs, il est rarissime que toutes les productions ratent en même temps si l’on a plusieurs variétés et les famines étaient souvent dûes, sous nos climats, à une méconnaissance des resssources existantes ou à une mauvaise répartition des terres. Ainsi de nombreux irlandais sont morts de faim à la fin du XIXème siècle à cause du mildiou alors que leurs côtes regorgeaient de fruits de mer et que leur pays exportait de la nourriture.

  13. WhilelM dit :

    Les coordonnées pour contacter l’association sont sur la page « association » : https://senshumus.wordpress.com/lassociation/

  14. lolo dit :

    des questions bêtes : je trouve pas la case contact (c’est urgent je vais peut être pouvoir passer dans la semaine, surtout lundi, j’aimerai emprunter un bouquin et comme il est épuisé il va falloir que je vous en prête un aussi rare en échange…)

    c’est sympa tous ces futurs apprentis autonomes qui veulent savoir de combien de terrain ils doivent disposer.

  15. Laurent dit :

     » Depuis combien de temps n’a t’on pas eu de famine en Europe ?  »

    Pourquoi se cantonner à l’Europe alors que le système agricole est aujourd’hui mondialisé ?

    Pourquoi parler de durée alors que ce système est largement basé sur des ressources non-renouvelables, dans un monde en mutation rapide ?

  16. fabien dit :

    C’est un très gros boulot pour quelqu’un qui souhaite en vivre, en tout cas (ou qui a pour une raison ou une raison ou une autre une contrainte de rendement).
    Sinon, si on s’enlève cette contrainte, si on fait du potager pour le plaisir, ça peut au contraire être très reposant.

  17. merlinbreizh dit :

    Cet article est très intéressant. Moi qui est ignare en matière potagère, je me rends un petit peu compte du travail, du temps , de la surface nécessaire : merde, c’est du boulot !

  18. fabien dit :

    Ryuujin. Nous n’avons dit nulle part que nous souhaitions imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. On me demande quelle surface il faut pour être autonome. Je réponds à la question, en étant très prudent, et limite dissuasif. Par exemple, je précise : « D’autant plus qu’il s’agit de manger tous les jours, bon an mal an. »
    Et c’est pour cette raison que je rajoute une bonne dose de m2 à l’estimation.

    Et plus que ça, je donne un exemple tout à fait dans le système marchand, celui des Amap. Pour info, un couple en Amap fournit des légumes pour 200 personnes en moyenne (100 paniers). Ces personnes sont bien des chefs d’entreprise. Parce que je sais très bien le risque qu’il y aurait à se lancer dans une tentative d’autarcie (ce qui est très différent d’autonomie).

    Tu parles de « notre schéma », mais nous n’avons pas de schéma. C’est toi qui nous en inventes un. Tu tentes de nous faire passer pour je ne sais quoi, des illuminés…

    Mon optique à moi, c’est de tester sur petites surfaces, et de confronter avec des productions professionnelles. Nous sommes en contact avec des producteurs d’exploitations respectivement de 12, 20, 130 et 250ha, avec qui nous échangeons, et avec lesquels nous allons parfois travailler.
    Mon but est ensuite de travailler sur des surfaces dans cette fourchette, avec bien sûr une production marchande (problement en coopérative, avec d’autres personnes).

    Quel est ton but ? Nous dissuader de continuer à travailler ? Laisse tomber. Nous faire progresser ? Alors continue tes interventions, mais arrête de nous faire des procès d’intention.

    Toutes tes interventions sont en opposition de principe, et tant qu’elles le resteront, je ne te répondrai plus.

  19. Ryuujin dit :

    nop, on dirait que le concept de rendement optimal vous échappe.

    J’ai parlé de rendement optimal pour des pratiques données.
    C’est à dire que pour des pratiques données, et sans en changer, on a quoi qu’on fasse un rendement variable, qui dépend d’une quantité d’imprévus, et/ou de choses sur lesquelles on ne peut pas jouer ( épidémies, crises climatiques etc… ).

    Le rendement « optimal » dans ce sens, c’est celui que tu obtiens quant tout a bien été. Généralement, il est pas très éloigné du rendement moyen. C’est 9 fois sur 10 celui que vous utilisez pour argmenter.

    Mais cette info n’a aucun intérêt : ce qu’il faut savoir, c’est le plus bas rendement qu’on peut obtenir avec un panel de techniques données. C’est avec CE rendement qu’il faut calculer combien d’hectares il faut par personne etc…
    Sinon, il y aura surestimation, et au moindre pépin, famine.

    Répondre aux aléas, c’est bien gentil, mais en agriculture le problème c’est que dans la plupart des cas on ne sait le faire que d’une année sur l’autre. La plupart des aléas ne sont justement ni prévisibles, ni réparables parceque qu’on ne les voit pas, on ne voit que les dégats qu’ils provoquent ( et alors, c’est déjà trop tard ).

    « A grande échelle (moniculturales si j’en crois tes contributions précédentes), on se retrouve justement avec des problématiques aggravées en cas de pépin sur un type de culture ou sur une production dont dépend un grand nombre de personne. »

    Ceci montre une incompréhension totale du système actuel, et des contraintes auquelles il réponds.
    Non, justement, on en est arrivé là pour limiter au minimum les aléas et leurs conséquences, et ça marche comme jamais.
    Depuis combien de temps n’a t’on pas eu de famine en Europe ?

    Pourtant il y a eu les hannetons ( contre lesquels la lutte chimique a longtemps été impuissante ), la grêle, la sécheresse, les vagues de froid en pleine période de floraison, les tempêtes etc…etc…

    Quand de la grêle ravage les champs d’une région avec votre schéma, elle crève littéralement parceque toutes les autres sont déjà trop occupées à produire pour elles même.
    Le paysan qui voit sa récolte détruite n’a plus rien à bouffer, et comme les années suivantes il n’avait quasiment rien vendu de sa production ( puisqu’il l’avait consommée ) il n’avait pas pu se payer d’assurance pour prévoir le coups, et ne pourra pas se rattrapper l’année suivante puisqu’il faut bien qu’il mange !

    Alors qu’avec le schéma actuel, lorsqu’une région voit sa production réduite à néant les autres dont les agriculteurs produisent en moyenne pour plus de 8 personnes compensent, et les agriculteurs touchés qui ne sont pas qu’agriculteurs, mais aussi « chefs d’entreprise » peuvent toucher une assurance, ou redresser leur exploitation les années suivantes.

    C’est simple : plus le système de production est étendu et fluide ( échanges internes importants ) moins il souffre des aléas régionaux, et plus sa production se rapproche de la moyenne.

    Plus l’échelle d’un système de production est grande, plus sa production est stable ( cf loi des grands nombres ).

  20. K'tche dit :

    Tu as bien raison quant à la plus grande robustesse d’une production diversifiée. Mais cette organisation sous-tend une propension des populations à échanger leur productions sur des modes non marchands (troc, voire don/contre-don). Et c’est fort probablement la partie du projet qui effraie le plus un agronome hautement spécialisé dont les compétences ne sont que d’une utilité marginale dans ce contexte…

  21. WhilelM dit :

    Il me semble que ça répond en partie à la question de la sécurité alimentaire que les préoccupations de rigueur et d’expériences ont été mentionnées.
    De la rigueur pour mettre en oeuvre de manière optimale les techniques adéquates, afin d’obtenir ce rendement « optimal » qui n’a pas de sens en soi quand on parle de permaculture.
    De l’expérience afin justement de répondre aux aléas et d’apporter les corrections aux variations du système qui pourraient mettre en danger les quantités et la qualité des productions.

    C’est marrant de parler de sécurité alimentaire et ensuite de penser à nourrir d’autres personnes que les exploitants. A grande échelle (moniculturales si j’en crois tes contributions précédentes), on se retrouve justement avec des problématiques aggravées en cas de pépin sur un type de culture ou sur une production dont dépend un grand nombre de personne.
    Alors que si la production est distribuée au maximum parmi l’ensemble de la population, la diversité des techniques, des cultures et des réactions va contribuer à préserver d’un gros aléas.

  22. Ryuujin dit :

    autre paramètre important : les sols et les productions qu’ils imposent.

    Mais il y a une question pourtant importante que vous n’abodez pas : et la sécurité almentaire ?

    Parceque bon, si on a juste la surface suffisante pour produire sa nourriture avec un rendement optimal pour les moyens employés, l’année ou ça merde on meurt de faim.

    Autre problème : avec quel rapport production/main d’oeuvre ?
    Parceque bon, si c’est pour nourrir tout juste ceux qui bossent sur l’exploitation, c’estplus de l’agriculture mais du jardinage, et c’est inenvisageable à grande échelle.

  23. WhilelM dit :

    Excellente remarque. Il parait sensé de penser qu’un terrain situé à proximité du lieu de vie sera plus facile à pratiquer régulièrement et il y aura moins de contraintes liées aux déplacements. D’où un gain de temps, d’énergie et de confort considérable.

  24. Koldo dit :

    La réponse de Bill Mollison à la question « combien de terrain » était « autant que vous pouvez en contrôler ».
    Il disait que par exemple dans une région de Chine 45000 personnes vivaient fort bien sur 8000 hectares en y produisant leur nourriture, pendant qu’en Australie un seul gars était en train de se ruiner sur la même surface. C’est à dire qu’en dessous d’un certain seuil évidemment on n’a pas de quoi se nourrir, mais aussi qu’au delà d’un certain seuil, on devient contre-productif, et la surface en plus nous fait pour ainsi dire perdre de l’énergie au lieu de nous en fournir.
    Il disait aussi que le terrain le plus important c’est celui juste à côté de notre maison. C’est là que doivent se concentrer nos soins et c’est là qu’on obtient les meilleurs rendements. C’est ainsi que 2% de la terre cultivée en Russie fournissait à certaines époques jusqu’à 60% de l’alimentation des russes. Ces 2% étaient en fait des lopins de terre où les paysans cultivaient divers légumes de première nécessité, et avaient une productivité sans commune mesure avec les grands champs de céréales par exemple.

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