Combien de temps ?

C’est une question qui revient souvent de la part de gens qui voudraient installer un jardin bio. Combien de temps faut-il pour améliorer un sol, combien de temps avant de récolter ses premiers légumes, combien de temps faut-il pour être autonome (autonome, c’est un autre mot qui revient beaucoup, il faudrait l’expliciter et le détailler aussi). Alors, voilà, combien de temps ?

Dix-huit jours. C’est la durée minimale pour obtenir des légumes au printemps. Mais à ce prix-là, on n’a que des radis. Notons qu’on peut faire encore beaucoup mieux, si on a vraiment faim, en récoltant des plantes spontanées : on en trouve en toute saison.

Deux à quatre mois. C’est la durée d’entrée en productivité de la plupart des annuelles. En commençant une culture en mars, on a des petits pois en mai, et des tomates en juillet. On peut aller plus vite en serre, ou si le climat est favorable. Reste que c’est toujours un peu long si on n’a rien prévu d’autre pour se caler l’estomac.

Un an. C’est le temps qu’il faut passer sur un terrain pour commencer à le connaître et pouvoir y élaborer une véritable culture agrobiologique. La plupart des permaculteurs recommandent de prendre ce temps-là avant de commencer tout travail sérieux d’aménagement d’une permaculture. Cette durée s’ajoute évidemment au temps qu’il faut pour comprendre et intégrer vraiment les principes fondamentaux de l’agrobiologie et de la permaculture. Compter une année supplémentaire à plein temps à cet effet.

Trois à cinq ans. Il faut bien ça pour que la production des vivaces commence à devenir significative. Deux ans pour certaines aromatiques très vigoureuses comme la menthe, mais on ne vit pas que de ça. Avant que des fruits rouges ou des noisetiers commencent à donner, il faut un peu plus de temps.

Cinq ans. Sans doute la durée nécessaire, en étant assidu, pour acquérir la théorie et la pratique minimales pour commencer à se sentir à l’aise dans un jardin, quelle que soit la méthode. On peut sans doute espérer aller un peu plus vite en y passant ses jours et ses nuits, mais on s’aperçoit très vite qu’il y a des rythmes biologiques qu’il faut bien respecter.

Huit à dix ans. Le temps qu’il faut pour remettre un sol abîmé en état de marche. C’est une durée qui semble admise par pas mal de monde, auteurs, agriculteurs, agronomes. Le temps que le taux d’humus remonte à un bon niveau… A condition d’avoir fait ce qu’il faut, sinon, ça peut être beaucoup, beaucoup plus long.

Dix à quinze ans. Le temps pour un noyer de commencer à donner. C’est probablement le temps qu’il faut à un système en permaculture pour atteindre sa forme finale (qui ne variera ensuite plus que dans les détails, lentement). Il lui en faudra encore autant pour atteindre son maximum de production, son état d’équilibre climacique.

Trente ans. Sans doute la durée nécessaire pour arriver à un système vraiment autonome, capable de produire la nourriture de tous ses habitants, humains et animaux, leur énergie, leurs matériaux de construction, le savoir-faire nécessaire… Mais qui pense aussi loin, de nos jours ? Pourtant, en utilisant judicieusement les moyens techniques que ce monde met à notre disposition, on pourrait créer le paradis en une génération.

Et cinq minutes. C’est le temps qu’il faut pour faire une vraie grosse connerie sur un sol ou sur un arbre, qu’on mettra des années à récupérer. Connerie d’autant plus facile à réaliser qu’on dispose d’outils puissant. Règle de base d’agrobiologie : quand on ne sait pas ce qu’il faut faire, on ne fait rien.

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3 commentaires pour Combien de temps ?

  1. Ryuujin dit :

    Quelles essences d’arbres tu as utilisées pour ta BRF ?

  2. fabien dit :

    C’est que je n’en sais fichtre rien. 7 mois après l’avoir mis sur notre sol, le BRF a toujours un effet nettement négatif. Si nous en avions mis sur tout le jardin, nous nous retrouverions avec pas grand-chose cette année.
    Cela dit, je pense savoir pourquoi ça ne marche pas bien, et ce qu’il faudrait faire pour que ça se passe mieux. Mais en tout cas, sur certains types de sols, il faut faire très attention.

  3. Tis dit :

    Fabien, dans ta liste tu as oublié le temps que met le BRF à améliorer un sol.

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