Le compostage progressif (fiche technique)

Comment ça, qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est pourtant pas compliqué : au Sens de l’Humus, puisque grâce à l’action passée de l’association MAP nous disposons d’un peu d’espace, nous pouvons nous permettre de faire des gros tas de compost, selon la méthode expliquée jadis sur ce blog du compostage en tas en deux étapes. Mais tout le monde n’a pas cet espace, et on est parfois contraint de pratiquer le compostage en ajoutant progressivement les déchets à composter. C’est ce qu’on fait généralement quand on composte en silo ou en compostière.

Dans la méthode du compost en deux étapes, nous avions vu que l’astuce consistait à stocker séparément les déchets azotés et les déchets carbonés, pour, le jour J, les réunir. Si le volume est suffisant, il se produit alors une importante montée en température, qui a quelques avantages : destruction d’un certain nombre d’éléments potentiellement pathogènes, des graines d’adventices (il y a des jardiniers qui trouvent ces herbes mauvaises), mais aussi production d’un humus plus stable.

Dans l’idéal, c’est donc la meilleure méthode, mais elle nécessite de posséder de gros volumes à mélanger à chaque fois, et, donc, de l’espace. Dans le cadre d’un compostage dans un petit jardin, ou bien dans un square urbain, on n’a pas forcément cet espace ni ces volumes. Il faut alors pratiquer un compostage progressif.

La méthode est simple : on rajoute les déchets à composter au fur et à mesure, en les mélangeant à la couche de déchets précédents. Mais seulement à la couche précédente, pas à l’ensemble du compost. Dans une compostière ou un silo, on se retrouve alors avec les couches les plus profondes constituées de compost mûr, et les couches superficielles composées de déchets encore peu décomposés. Un certain nombre d’erreurs sont à éviter :

– Comme on a affaire à de petites quantités, on ne peut pas trop se permettre d’avoir des déchets grossiers. Il faut donc essayer autant que possible de ne pas avoir trop de déchets ligneux non broyés, d’os, de coquilles, de noyaux de truits, de trognons de choux… C’est valable pour n’importe quel compost, mais ça devient plus critique ici.

– Chaque apport doit être relativement équilibré. Ca peut être problématique si on a subitement de gros volumes d’un type précis de déchets. La meilleurs solution est d’avoir à côté du compost un espace pour stocker des déchets carbonés. Si on a de gros apports de déchets carbonés, on les stocke, et il seront utiles le jour où on aura de gros apports de déchets azotés. – Il faut décider de la manière dont on vide le compost obtenu. Si on dispose d’un seul silo, il faut pouvoir le vider par le bas, puisque c’est là que se trouve le compost mûr. L’idéal est d’en posséder au moins deux. Le compost finit alors de mûrir dans le premier pendant qu’on remplit le second.

– Si on construit soi-même un silo en bois, il faut que les planches laissent passer l’air, mais pas les déchets. Un espace de moins d’un centimètre entre les planches est recommandé.

– Il est important de ne pas mélanger l’ensemble de la compostière. D’abord, ce serait un travail fastidieux, et puis on mélangerait du compost déjà mûr à des déchets non décomposés, ce qui nuirait à l’homogénéité de l’ensemble. Comme la maturité d’un compost est celle de ses éléments les moins décomposés, cela peut beaucoup retarder le résultat.

– Il ne faut jamais oublier que l’équilibre est la clé de la réussite, ainsi que la bonne sélection des déchets. Se référer à nos prédédentes fiches techniques : une méthode de compostage et ce qu’on met dans le compost.

Je rappelle qu’un compost réussi a une bonne odeur de litière forestière. L’odorat est même une excellente manière de déceler une erreur dans la méthode de compostage. Un compost qui sent mauvais est un compost raté.

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6 commentaires pour Le compostage progressif (fiche technique)

  1. Fontvieille dit :

    Si les réalisation du site vous interesse vous pouvez contacter Contact@mercilombrics.com je consulterai personnellement les messages

  2. Fontvieille dit :

    A vous lire on a la facheuse impression que Darwin s’est trompé . N’y a t’il pas de lombrics là où vous êtes . J’hésite à vous envoyer vers le site merci lombrics ou c’est les lombrics et les bactéries qui sont les acteurs comme dans la nature de l’assainissement

    Très cordialement

  3. Je composte dans mes allées et je recouvre de paille, ce qui est très pratique (on ne se salit pas les pieds). À la fin de l’été d’un coup de pelle je recouvre ma terre avec le compost.
    le potager est séparé en 2 et entouré de grillage : on compost alternativement dans l’un ou l’autre.
    Tout ce qui grimpe est installé contre le grillage et grimpe dessus (pas besoin de tuteurs) et ombrage un peu en été (ça remplace la toile à ombrer indispensable en Nouvelle-Calédonie).
    Les courges luffa et la chayotte habillent légèrement le toit, toujours pour la même raison.

  4. Helene dit :

    Je viens de passer une excellente journée sur la parcelle du Sens de l’humus à découvrir comment fonctionne le compost, et aussi à gouter les tomates (délicieuses), à rencontrer Françoise, Linette, Lolo…
    Il faisait beau aux murs à pêches, on a pique-niqué à l’ombre d’un noyer… le rêve d’une fin d’été.
    Merci Fabien pour l’invitation!
    Bon séjour Corse,
    Helene

  5. Nicollas dit :

    Merci pour les conseils🙂

    Ça fait un peu écho à un message que je viens juste de lire sur le forum permaculture, sur les astuces pour un potager en ville.

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