Les outils à faible énergie

Les premiers outils agricoles utilisés par humains furent , on s’en doute, assez rudimentaires : les batons fouisseurs et les haches de pierre taillée, puis polies, offraient à nos très lointains ancêtres, il y a 10 000 ans, un ensemble productif qui nous paraît peu de chose mais qui les distinguait toutefois radicalement des chasseurs-cueilleurs.


Ces outils ne contenaient pas même de métaux, découverts par la suite. On en apprendra plus sur le sujet de l’évolution des outils en lisant le livre dont il est question ici : https://senshumus.wordpress.com/2007/01/11/histoire-des-agricultures-du-monde/ . Faisons un bond dans le temps. Que constate-t-on aujourd’hui? Dans notre économie aux travailleurs ultraproductifs, on accomplit beaucoup plus de tâches que les ancêtres du néolthique, les premiers agriculteurs se contentant en gros, de couper la forêt, semer, récolter. On a donc une plus grande diversité d’outils. Ils sont aussi beaucoup plus sophistiqués, en intégrant des mouvement mécaniques, de l’électricité, de l’électronique voir de l’informatique…

Aujourd’hui, en plus des semis/récoltes de plantes comestibles, coupes de bois, tâches effectués par les premiers agriculteurs, on laboure, herse, taille, broye, tond, fauche, étale, transporte de la matière organique…dans les champs comme dans les jardins.
Une grande partie de ces tâches sont effectuées, dans notre pays, par des engins avec un moteur, le plus souvent thermique, que ce soit par l’agriculteur ou le jardinier. Quand elles ne sont pas encore motorisées, elle sont en passe de le devenir : les catalogues de matériel de jardin, où il m’est arrivée de jetter un oeil, proposent des débroussailleuses, sécateurs électriques ou thermiques, minitracteur de transport, tendant à remplacer respectivement la faux, le sécateur à main, la brouette… Ainsi, à la suite des agriculteurs qui sont soumis à des contraintes de productivité, des jardinniers se dotent de prothèses techniques et renforcent leur dépendance à l’énergie fossile.

En tant que représentant auvergnat du sens de l’humus, je me suis permis d’explorer d’autres voies que l’usage de pétrole pour le jardinage, de réflechir particulièrement à cette problématique, lors de mon dernier passage dans ma région et dans mon jardin. C’est aussi un prétexte pour moi pour raconter ma vie dans le présent article.

-Commençons avec la fonction « transport ». Il est heureux que la brouette soit encore à l’honneur dans les jardins, mais dès qu’il s’agit de déplacer de la matière hors de la propriété, la voiture attelée, voire le pick-up entre en jeu pour le jardinnier.
À ce sujet, je dois dire être assez fier d’une acquisition récente qui consiste en une remorque à vélo, ainsi que d’une attache de remorque, jointée à jamais grâce à l’aide d’un tonton soudeur.

Vue sur la remoque et zoom sur l’attache


Je peux alors transporter moult outils ou matières organiques, de manière assez rapide. J’ai par exemple ramené du foin, d’une grange se trouvant à trois kilomètres vallonés de chez moi. Après coup, j’ai mesuré le poids de la botte de foin : 13kg, et celle de la remorque à vide : 19kg… ce qui relativise « l’efficacité » de la remorque. Mais je pourrai peut-être trouver du matériel récent plus léger. Et puis, il s’agissait de montrer que c’est possible. Ainsi des décroissants racontent pouvoir mener leur vie alors qu’ils ont de la nourriture à ramener toutes les semaine d’une ville située à plus de 10 km, ou bien des marchandises issues de leur travail à vendre, et ils mènent fort bien ce genre d’entreprise, à la campagne, sans voiture, avec ce genre d’attelage.
Donc, je le savais avant que c’était possible. Mais mieux vaut l’éprouver soi-même. Mon attelage pourra donc potentiellement porter du bois de chauffage proche, ou mes courses alimentaires plus lointaines, dans un avenir hypothétique encore ouvert…

– Récemment, des arbres ont été élagués près de chez moi, au bord d’un chemin goudronné, et les branches ont été laissé à l’abandon dans le fossé. Un outil dépendant du pétrole, la tronçonneuse, a fait un travail rapide d’élagage. Je me suis alors permis de récupérer ces branches, tout en nettoyant la place. À l’aide d’une simple hachette, autre outil à faible énergie, je sépare le petit bois et feuilles, du plus gros bois, la limite de diamètre que je fixe est de l’ordre de 2-3 cm. J’obtiens deux tas, séparant deux matériaux d’usage différents, qui prennent bien moins de place que les branches entières, et l' »entropie » du bois élagué est ainsi diminuée. Cette tâche, à mon avis, va tout à fait dans le sens de l’Humus. En effet, sans cela, suivant les pratiques agricoles et jardinnières malheurement habituelles, ces branches sont brûlées en entier. Mon travail, qui ne me paraît pas compliqué, consiste à séparer les partie de la ramure de petite taille, aptes à être humifiées, des grosses, trop longue à être humifiées mais qui peuvent tout à fait contribuer au chauffage de la maison l’hiver, dans un foyer de combustion fermé, évitant au passage une bonne partie de la pollution imputables aux feux en plein air en campagne l’été. En bref, des quintaux de bois sont sauvés du gachi. J’ai ramené le gros et le petit bois avec la remorque à vélo.

Ce travail de récupération a pu être réalisé parce que au départ un travail de tronçonnage de grosse branches a été effectué, et je n’aurai pas pu le faire moi-même. Sans pétrole, le découpage de gros diamètre (supérieur à 8 cm disons) est relativement fastidieux, pour les plus petits diamètres l’énergie humaine suffit largement.
Bien sûr aussi, je n’ai pas pu traiter tout le bois élagué, ayant de faibles moyens matériels. On ne peut se positionner avec des moyens artisanaux en aval d’un processus utilisant des moyens industriels, avec pour missoin de traiter l’intégralité de la matière produite en amont, à moins d’y passer beaucoup de temps. Mon expérience s’est arrétée à une demi-douzaine de remorques de bois ramenées à la maison, ce qui représente les branches de trois ou quatre arbre élagués.

-Concernant donc, la fonction de « sciage », pour les petites diamètres, et sa réalisation par un outil durable à faible énergie, il m’avait été donné d’utiliser une scie ancienne, dont la lame, tenue par un support en bois, était tendue par une ficelle, et dont le possesseur expérimenté pouvait entretenir le tranchant en limant les dents et en les écartant avec une pince spécialement prévue pour. Les scies vendues de nos jours ne sont pas réparables, limables. Les lames tiennent sur un manche en métal ou plastique, la scie (ou au moins la lame) entière est à changer quand les dents sont émoussées. Alors, l’acquisition d’une scie ancienne, de quelques limes et d’une pince à écarter les dents; la réappropriation des techniques d’entretien et d’usage de ces scies, me semble être un ensemble à redécouvrir, sans trop de difficulté, dans la perspective d’autonomie, c’est une redécouverte que je n’ai pas entamé pour l’instant. Elle pourrait être complétée, au passage, par l’acquisition des compétence et du matériel pour affuter les outils tranchant le bois par choc : hache et hachette. Une fois tout ce matériel acquis, on peut être autonome plusieurs décennies pour la coupe du bois, le temps que les limes soient devenues complètement lisses, ou les lames ou les bois soient trop usés.

-Le sciage de gros diamètres peut être effectué à deux avec une grande scie nommée passe-partout. Je n’ai pas de connaissance sur cet outil et le chemin d’une réapropriation des passe-partouts me semblait plus long, voire impossible…si ce n’est que je me rappelle que tou cela n’est pas perdu par tout le monde : en effet je me souviens avoir vu une affiche de fête dans un village près de chez moi, montrant un concours de sciage avec cet outil, donnant lieux à l’affrontement de plusieurs équipes. Il doit donc être possible de retrouver ces usages et outils (probablement soigneusement entrenus pour les concours), non pour le folklore, mais pour vivre, et sans avoir à chercher trop loin…

-Le fendage de bûches est effectué par un humain manoeuvrant hache, merlin et coins, ou bien par une machine considérée analogue, qui enfonce par énergie pneumatique un tranchant dans les tronc préalablement fixé. Mais le fait d’enfoncer des coins soi-même plutot que d’utiliser une machine, permet d’obtenir un bois à plus fort pouvoir calorifique! Ou disons plutôt qu’il réchauffe plus, en faisant faire plus d’exercice à celui qui veut se chauffer.

-Revenons à notre bois d’élagage : une fois ramené avec la remorque à vélo, j’ai mis le gros bois avec le reste du stock pour l’hiver, et j’ai passé le petit bois dans un broyeur fonctionnant à l’énergie électrique. La consommation de cet outil avait fait l’objet d’une étude succinte rapportée ici :
http://andre.emmanuel.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?p=1152#1152

Quelques outils, de la matière première, et c'est parti pour transformer la Nature

Quelques outils, de la matière première, et c'est parti pour transformer la Nature

Micro-chantier de broyage, où l’on voit le bois à broyer, le bois broyé, le bois pour le chauffage, la hachette, le broyeur.


Je pense que l’usage d’un broyeur est dispensable. J’ai fait des essais de « battage » de tas de brindilles, en le frappant avec une lame. Le petit bois mis en charpie présente une assez grande surface de contact avec le sol, n’est pas en tas (et ce, sans avoir eu à frapper longtemps ). Seulement le broyeur électrique rend acceptable l’usage de bois dans le jardin de mon père, en ne laisant pas de morceau grossier, gardant une certaine esthétique. C’est pourquoi je continue de l’utiliser.

-Quittons le domaine de la Sylva, la forêt, et l’abondante énergie qu’elle nous offre, pour gagner le jardin d’ornement.
Avoir une pelouse d’agrément, pourquoi pas? Mais voilà, il est nécessaire dans ce cas de tondre régulièrement l’herbe.
La tonte du gazon est le plus souvent effectuée dans notre pays par des engins bruyant fonctionnant au pétrole, ou parfois à l’electricité…Pourtant, ces engins pétro-dépendants n’ont pas encore fermé le champ des possibles. Ou dit autrement, ils n’ont pas encore colonisé l’ensemble des esprits des français en leur rendant à tous impossible d’imaginer l’idée même qu’on puisse avoir une pelouse sans avoir tondeuse à moteur. En diverses occasions, je me suis renseigné auprès de vendeurs de magasin de jardinnage sur les tondeuses manuelles, qui fonctionnent en avançant, faisant tourner des lames tranchant le gazon, sans bruit de moteur. J’ai appris de ces professionnels, que quelques modèles sont encore fabriqués, vendus. Certes en moins grand nombre que les tondeuses à moteur.
Et tel est l’effrayant enfermement de notre époque : à chaque fois qu’un engin « à haute énergie », à moteur, est acheté, son acquéreur, et à plus large échelle, notre pays, renforce sa dépendance au pétrole, ce, à la veille de la décroissance de l’extraction de cette ressource. On ne voit pas quelle voie de sortie prennent nos contemporains, la vente de toute sorte d’engins étant en croissance…
Curieusement, les tondeuses manuelles ne coutent pas beaucoup moins cher que les tondeuses à moteur, on me dit que faire un moteur, ça ne coûte presque rien de nos jours…
Les contraintes pour l’usager d’une tondeuse manuelle sont qu’il faut passer plus souvent, et on peut faire une surface moins grande dans un même temps de travail (quoique, mais la « vitesse généralisée de tonte » en ha/heure, incluant le temps passer à travailler à payer cet engin, reste à calculer).

-Le fauchage de l’herbe haute/de petits arbres peut être effectuée par une débrouissailleuse avec fil/lame, ou bien par une faux / serpe. Mêmes remarques que pour l’herbe sur les question de productivité. On trouve encore des faux neuves en magasin, mais je ne connais personne qui s’en sert… Et comme pour la scie et la hache, leur affutage est une technique à réapprendre.

-Le potager, quant à lui, fait l’objet de travail du sol plus ou moins superficiel, mécanisé, motorisé (charrue, motoculteur…). Là-dessus, au Sens de l’humus, on est bien au point pour la préparation du sol, avec le fameux double-béchage. Bêche, fourche-bêche, éventuellement brouette, rien d’autre n’est nécessaire. C’est un étape qui semble difficile à motoriser, la machine ne pouvant travailler aussi subtilement que l’homme. La question de sa mécanisation avait été abordée ici : http://www.onpeutlefaire.com/forum/viewtopic.php?p=70864 et page suivante, pour ceux que ça intéresse.
Ce double-béchage est pourtant indispensable à la méthode biointensive.
Par ailleurs, des jardiniers témoignent d’améliorer leur sol d’année en année et finissent par réduire à néant le travail du sol et donc le déployement d’énergie qu’il nécessite, qu’il soit motorisé, à traction animal ou humain. Ce sont les vers de terre qui au final, se chargent entièrement du décompactage du sol, naturellement. Il semble bien (si on croit à ces témoignages assez lointains) que le travail du sol, mécanique ou pas, ne soit pas une fatalité. Avec les connaissances adéquates, on peut faire prendre à son sol, la « direction » du non labour, ainsi que Fukuoka, Jeavons ou Lespinasse pour les plus célèbres, nous l’auraient démontré. Fabien d’ailleurs nous en avait parlé il y a quelques temps : https://senshumus.wordpress.com/2006/10/04/votre-jardin-vous-fatigue-buttez-le/

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Le fait de s’intéresser à ces outils ne doit pas être vu, à mon avis, comme un retour en arrière vers un passé, idéalisé ou pas. Je souhaite réfuter cela. On peut vivre aussi bien, voir mieux, en réduisant les trépidations de moteurs sensés nous aider.
Cela nécessite une réflexion préalable sur ce que sont l’économie, le travail.
« C’est par les sens qu’on fait sens », m’écrivait récemment notre ami Korrotx, citant un philosophe dont j’ai oublié le nom… On peut je pense mettre en perspective cette citation dans le fait qu’un humain maniant directement la réalité matérielle, verra le sens de ses actes, l’éprouvera dans sa chair, bien mieux que celui qui passera par un outil motorisé, voire une interface informatisée et gérée à distance (exemple des tracteur guidé par GPS, par un agriculteur qui doit satisfaire la demande lointaine de consommateurs capriceux et surnutri qu’il ne verra jamais). Face aux la perte des sens (toucher, odorat…), perte de sens (du travail), perte d’essence…générées par ce processus qui semble inéluctable qu’on nomme le progrès, la réappropriation de ces activités réouvre le champ de possibles.
Le travail a un sens si sa finalité est visible. Selon le numéro 2 du bulletin « Sortir de l’économie » : l' »invention du travail-marchandise a relégué l’ouvrage, la besogne, la tâche, ces mots qui désignaient l’activité humaine que l’on interrompt naturellement aux heures de grande chaleur et les jours de fêtes chômés, et surtout qui exprimaient une action qui trouvait dans la satisfaction immédiate de son propre besoin à la fois son origine, sa limite et donc son terme ». Avec cela, qu’importe l’aspect physique d’une tâche pour connaître sa pénibilité…La finalité entre beaucoup plus en compte.
Est-il par exemple pénible de construire, s’occuper de ses toilettes sèches? Si on connaît le sens de cet ouvrage, c’est-à-dire notament l’humification du sol, la non-pollution de l’eau, entre construire un cabanon et porter des seaux de sciure, plutot que de travailler pour gagner de l’argent pour payer un cabinet en fonte et une installation d’eau normalisée, le choix sera rapidement fait.

J’ajouterai ceci. L’énergie humaine est suffisante pour vivre. Bien qu’elle soit limitée à quelques centaines de watts, contre plusieurs milliers, dizaines de milliers fournis par les engins à moteur, elle peut réaliser un ensemble de tâches, bien plus harmonieuses et moins brutales que les travaux réalisés par le pétrole, pour rendre l’environnement de l’homme vivable.
Si on a besoin d’un broyeur pour réduire en petit morceau le bois, c’est qu’on a pas la patiente de le voir se décomposer de lui-même.
Dans la forêt, le sol se passe très bien de broyeur pour décomposer les feuille et brindilles. Un sol suffisament amélioré pourrait donc « digérer » rapidement toutes les matières qu’abandonne les arbres. Et dans des concepts de jardin-forêts ou de permaculture, les arbres et arbustres abandonne directement sur le terrain (le jardin) leurs feuilles, car les arbres au milieu du jardin. Disséminer des arbres sur son terrain est lié indissociablement au fait de ne pas avoir d’outil lourd, large, « à haute énergie », car les engins de métal ne passent pas entre les arbres.
Ou alors on s’y prend autrement pour poser les arbres, en rationnalisant l’ensemble, comme sur cette photo d’agroforesterie : http://www.inra.fr/var/plain/storage/htmlarea/6891/Moisson%20sous%20peupliers%20vezenobres_4.JPG . Mais il n’est pas sûr qu’on obtienne autant de bénéfices pour le sol et les plantes, notament parce que cet ensemble manque de diversité…

Si on pense que l’énergie humaine ne suffit pas pour couper et transporter le bois nécessaire à son chauffage, c’est une erreur. C’est en fait la maison qui est trop grande et qui implique la dépendance au pétrole pour tronçonner/porter le bois. Et/ou une modification du territoire qui a trop éloigné les forêt des maisons comme c’est le cas en partie par chez moi.


Par chez moi, les forêts sont au fond des vallées. Il eut mieux valu, en envisageant un transport manuel, qu’elles fussent en haut des collines, ou encore juste à coté des maisons…

Si la maison est trop grande et nécessite l’usage de pétrole pour fournir son bois de chauffage, pétrole dont les nuisances environnementales, sociales, et la non-durabilité ne sont plus à démontrer, c’est que cette maison possède une dimension inhumaine.
Il en va de même de la tonte de la pelouse d’agrément. Seule son extension nécessite une tondeuse à moteur. Et pour le coup, elle n’est plus vraiment d’agrément. Puisque son maintien nécessite l’usage régulier et indissociable d’un engin émettant des polluants locaux de l’air, et produisant un bruit considérable. Alors, quel agrément en tirer?
Comment, de là, expliquer l’engouement pour les grandes pelouses et les tondeuses à moteur? Dans une « subjectivité commune » des français, il est préférable d’avoir une grande pelouse et un engin à moteur, mais ont-ils les moyens de comparer objectivement avec une solution plus simple : surface réduite et tondeuse manuelle, en terme de « confort de vie »? (si cette notion n’est pas complètement caduque)
Dans ma conception, cette façon de faire (faible surface+tondeuse manuelle ) serait mise en application. Cette façon de voir existe, elle est partagée par d’autres. D’autres qui s’obstinent parfois à refuser des avatars du progrès et ne se laissent pas dicter leur futur par une évolution technique par ailleurs préécrite…

Dernière minute ! Peu avant la mise en ligne de cet article, je découvre celui-ci : http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?t=6760&highlight=
où l’on retrouve des idées communes…

———————–

Autres photos commentées prises lors de ce séjour mi-juillet 2008 .

Ouverture d’un tas de compost fait il y a quelques mois. Il a l’air correct.

Une tonte de gazon ici apporte beaucoup de matière, et me permet de remettre de l’azote frais dans les tas de compost trop carbonés, de monter de nouveaux tas de compost, de recouvrir les ancien pour obtenir un ensemble homgène

—-

Malgré les compost où une partie du gazon est intégré, il y en avait encore trop.
Avant mon père mettait tout en un énorme tas qui devenait un cloaque géant, à l’emplacement qu’on voit ici, et tant que je n’ai pas assez de matière carbonée cet usage perdure. Mais le cloaque est moindre. Ici j’ai cherché les matériaux carboné et structurants (c’est à dire apportant de l’air et empêchant autant que possible que le tas se tasse complètement, en s’asphixiant) où j’ai pu. A ce gazon vert, j’ai mélangé un peu de la couche superficielle sèche et « en plaque » du tas de gazon précédant , gazon qui donc, paradoxalement, se retrouve ainsi, en partie, en déchet carboné structurant…

Un tas de bois produit par des moyens motorisés.

Parfois, le paysage se présente comme une oeuvre d’art.

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14 commentaires pour Les outils à faible énergie

  1. frid dit :

    Pour l’affutage des lames de scie (en acier massif et non trempé), la lime triangulaire s’appelle « tiers-point » et la pince à écarter les dents s’appelle « pince à avoyer » (puisqu’il s’agit de donner de la voie à la scie). On trouve facilement des tiers-points dans le commerce. Je suis moins sûr de la disponibilité des pinces à avoyer neuves.

    Cordialement

  2. jeuf dit :

    la remorque n’est pas faite maison, elle a été faite dans une usine michelin i l y a bien longtemps.
    je pense pas qu’on en fasse encore des come ça. il s’en fait des plus légère, en tissu, moins solides.

  3. evagreen dit :

    PS : de mon côté, j’ai investi dans une moulinette à gazon (une tondeuse manuelle, quoi !). mes voisins se gaussent tout ce qu’ils peuvent, mais en attendant, pour le petit carré dont j’ai en charge l’entretien, c’est tout bénéfice : écologique, économique et… sportif ! ludique, même : les gosses, eux, en redemandent !😀

  4. evagreen dit :

    super la remorque à vélo ! j’aimerais beaucoup en fabriquer une, qui pourrait ausi me servir à balader ma brave petite chienne, qui commence à devenir aveugle, sur les routes de campagne… dommage que le zoom sur l’attache soit flou ! serait-il possible d’avoir quelques infos et photos supplémentaires concernant le montage « maison » ?
    un grand merci par avance !…

  5. Amara dit :

    Depuis toujours les mathematiques ont été un outil pour comprendre et quantifier des phénomenes de la vie. mais le lien entre les math et l’agronomie n’a jamais, à ma connaissance, été mis en évidence.
    pour comprendre l’effet des surfaces actives gauches des charrues à socs sur le sol les math sont indispensables, je fais appelle aux mathématiciens pour se pencher sur l’utilité des math dans le domaine réel et ne pas rester dans l’abstrait.

  6. Tis dit :

    Pour fendre les bûches, un de mes fils m’a fait découvrir récemment un coin triangulaire très efficace grâce à sa forme vrillée qui évite qu’il ne reste coincé.
    Il me l’a fait tester sur du bois noueux de têtards et j’ai été épatée par son efficacité.
    On peut le voir ici ; http://www.leborgne.fr/outillage-main-tools_fr/21-produit-coin-eclateur.html

    Et un jeune couple d’amis normands m’a appris à utiliser un autre outil plus ancien mais très pratique lui aussi : le « métier » à fagoter.
    N’ayant pas d’appareil photo numérique, je ne peux vous en montrer les détails, mais son fonctionnement est décrit en bas de cette page : http://www.patauge.org/articles/autresArticles2.php?id=17

  7. Koldo dit :

    citant un philosophe dont j’ai oublié le nom…
    « c’est par les sens que nous avons du sens » (Augustin Berque, géographe)

  8. kristen dit :

    Vu comme ça, d’accord. Comme mon pays ressemble à un morceau de Bretagne échoué dans le Sud-Ouest, le concept de feu de broussailles est pour ainsi dire absent de mon panthéon.

  9. fabien dit :

    Le problème, c’est que les chèvres (vaches, brebis…), ça bouffe les jeunes arbres. Donc, pas de chèvre (brebis, vache…), si on veut que les arbres repoussent.
    Et il existe des régions où l’été, si on n’a pas rasé l’herbe, on risque l’incendie qui détruirait les arbres. Donc il faut débroussailler. Et ce qui fait le meilleur travail en zone accidentée pierreuse sèche avec de jeunes arbres qu’on espère grands, c’est la débroussailleuse avec un jouli moteur thermique🙂

  10. kristen dit :

    D’accord avec toi. Ceci dit, dans ce genre de terrain, une chèvre est probablement ce qui se fait de mieux comme engin de débroussaillage. Sauf que je me dis que s’il y a des pierres, c’est que c’est déjà passablement érodé, et si c’est en pente, c’est encore plus fragile, et donc le mieux, c’est de surtout laisser pousser.

  11. fabien dit :

    « J’imagine qu’une débroussailleuse à fil est extrêmement inefficace par rapport à une faux »

    C’est affaire de situation. Sur terrain plat, dépierré, sans doute. Sur terrain accidenté, avec des pierres partout, la débroussailleuse est incomparablement plus efficace…

  12. jeuf1 dit :

    « J’imagine qu’une débroussailleuse à fil est extrêmement inefficace par rapport à une faux. Par contre, une tronçonneuse a un principe mécanique très adapté à la tâche, et est probablement plus efficace que le passe-partout »

    C’est un peu comme cela que je percevais les choses aussi, mais notre vision n’est-elle pas déformée par … je ne sais pas, la flemme de limer un passe-partout? ou un manque de connaissance de la difficulté à fabriquer une chaine de tronçonneuse? ou par le manque de précision de la définition de l’efficacité? Je ne sais.

    Sinon, merci pour votre commentaire…

  13. kristen dit :

    Pour ce qui est des pelouses, l’outil de tonte naturel (et qui est même l’inventeur du concept de pelouse), c’est le mouton. Quand on ne veut pas de mouton, il reste la faux quand l’herbe est haute (ça marche très bien maintenant que je sais à peu près correctement l’affûter et la manier) ou la tondeuse à main quand elle est assez courte.
    Et quand on veut s’économiser la pelouse, il faut aimer la forêt, parce que c’est ce qui finit par arriver si on arrête de tondre. Dommage que personne n’ait encore inventé de jeux de ballon qui se jouent entre les arbres…

    S’agissant des outils mécanisés ou non, j’aimerais bien pouvoir en calculer systématiquement l’efficacité généralisée. J’imagine qu’une débroussailleuse à fil est extrêmement inefficace par rapport à une faux. Par contre, une tronçonneuse a un principe mécanique très adapté à la tâche, et est probablement plus efficace que le passe-partout (y compris en comptant le coût environnemental du carburant d’un côté – sur la base du travail qu’il faudrait fournir pour nourrir la tronçonneuse en éthanol, par exemple – et celui de la nourriture servant à l’huile de coude de l’autre).

    Au final, les efficacités comparées ne donnent pas forcément une réponse définitive, puisqu’on a aussi le droit de remettre en cause le mode de production. Évidemment qu’un brabant attelé derrière une ânesse est plus efficace qu’une houe. Mais si on passe à de la culture sans labour, on peut probablement manger l’ânesse et refondre le brabant et la houe. Et s’il reste quelques adventices dans la parcelle à cause de l’absence de labour, la perte de rendement coûtera probablement moins que ce que mangeait l’animal.

    C’est intéressant de voir tous les pans de l’activité humaine qu’on arrive à détricoter en se contentant de tirer le fil de cette simple question de choix énergétiques et technologiques. Merci pour ce billet (je désespérais de lire du nouveau sur le blog).

  14. Bélier dit :

    [Parfois, le paysage se présente comme une oeuvre d’art.]

    Parfois même plus🙂

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