Considérations météorologiques

Avant de faire du jardin, j’avais jamais remarqué que le temps était si pourri en région parisienne (en fait, après vérification, ça fait 50 ans que le temps avait pas été aussi pourri ici). Depuis le mois de mai, on a battu tous les records de manque de soleil depuis 47 ans au moins. Côté pluie, on doit pas être très loin des records non plus, au moins en nombre de jours de pluie.

L’avantage, c’est que ça nous a placés dans les conditions les plus extrêmes pour faire pousser des trucs, ça nous donne un peu une idée de l’efficacité de nos techniques, et des erreurs à ne pas faire.

L’autre point remarquable de cet été, du point de vue climatique, c’est l’état de la banquise arctique (le bout de glace qui flotte entre la Sibérie, le Groenland et le Canada, en gros). Jamais elle n’avait fondu autant, et surtout, jamais il n’en était disparu autant d’une année sur l’autre. Le problème, c’est que les modèles que j’ai pu voir n’avaient pas du tout prévu une fonte aussi rapide tout de suite. On devait avoir quelques années de répit.

Tout ça conforte un peu plus mon idée que les climatologues sont encore loin de pouvoir faire une prévision fiable, et qu’on n’a pas fini d’avoir des surprises à la hausse ou à la baisse concernant les événements climatiques à venir. Cela dit, la banquise étant un système relativement solide, et assez peu sensible à des variations passagères (son état dépend de la température de l’eau et de l’air sur une durée de plusieurs mois, voire années, des courants marins, etc.), il est clair qu’on est en ce moment en phase de réchauffement important dans l’hémisphère nord.

Ce qui n’empêche pas d’avoir des étés pourris chez nous.

Au fait, le week-end s’annonçait très beau, il ne sera que correct, mais on va en profiter pour passer le dimanche au jardin, il devrait y avoir de la visite. On y sera donc à partir de 11h, prévoyez vos pique-niques.

Pour les enseignements jardiniers de cet été pourri, en voici quelques-uns :

D’abord, confirmation évidente que dans des conditions humides, les buttes, c’est efficace. Ca nous a permis de garder des sols correctement oxygénés tout le temps. Quand elles seront bien stabilisées, ce sera parfait. Il faut aussi faire bien attention à les mulcher correctement, ça s’érode vite, ces choses-là, et ça a un besoin impératif de vie biologique active.

Gérer les paillages, justement, c’est un des points essentiels de la réussite. A la fin de l’hiver et au début du printemps, j’avais essayé sur certaines buttes de ne pas renouveler le paillage pour laisser le soleil réchauffer le sol, comme conseillé par pas mal de jardiniers bios. Grosse erreur. Ca a eu pour effet de laisser le sol se recompacter, il a moins bien ressuyé, et finalement, gorgé d’eau, il ne s’est même pas réchauffé plus vite. Résultat, ce qui pousse dessus est tout chétif.

L’autre point concernant les paillages en année humide, c’est qu’il faut se méfier de ne pas en mettre trop non plus. Sinon, ça aide les plantations à pourrir. Il faut aussi gérer les plantes spontanées qu’on laisse pousser. En année humide, il faut éviter de les laisser monter trop haut. Ce qui permet de les tailler et de les mettre en mulch, c’est parfait. En revanche, à condition de bien les contrôler, on pourra profitablement leur laisser couvrir une assez grande surface, pour qu’elles produisent beaucoup de biomasse.

Evidemment, on a pu aussi tester les erreurs dans les associations de plantes. Il faut vraiment anticiper la dimension des petites choses chétives qu’on met dans la terre. Des fois, ça devient énorme. Avec les tomates, faut se méfier des capucines, de la bourrache. Ca devient énorme et ça garde bien l’humidité au niveau des feuilles. Il ne faut surtout pas les planter au pied des tomates, mais à une bonne quarantaine de cm. Et même éviter la bourrache, la mettre un peu plus loin.

Et pour finir, il est important d’avoir un jardin équilibré. Certes, les tomates, les concombres, les haricots auront un rendement faible cette année, mais on aurait pu manger des blettes, de la roquette et des courgettes tous les jours (d’ailleurs, je crois que c’est ce qu’on a fait). Pour la partie uniquement potagère, il n’y a alors pas de raison de se planter complètement.

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5 commentaires pour Considérations météorologiques

  1. jeuf1 dit :

    Moi j’ai des tomates qui se portent très bien, c’est celle en semi sauvage, en semi à moitié suavge, et celles que j’ai fait en godet dans ma ridicule serre bricolé.Certaines poussent au milieu de l’herbe, d’autre à coté du compost.Pas de mildidou. Je les découvrent maintenant, les tomates sont encore vertes, j’en aurai si le temps veut s’améliorer ou stagner au niveau de ce we, d’ailleurs il faudra bien compenser par un été indien ces maijuinjuilletaout froids, sans blague.

  2. Koldo dit :

    L’autre point concernant les paillages en année humide, c’est qu’il faut se méfier de ne pas en mettre trop non plus. Sinon, ça aide les plantations à pourrir
    Et ça fait proliférer les limaces. Pour cela j’incorpore au printemps le mulch ou brf hivernal, et si ensuite la saison est pluvieuse je rajoute juste un fin paillage de brf séché, assez pour éviter la battance, et pas trop pour ne pas servir d’hôtel à limaces.
    Les limaces sont aussi un bon indicateur de l’état physiologique de nos plants, elles nous permettent de savoir quels plants étaient stressés (racines à l’étroit ou autre), et nous laissent les plus sains. Genre les romanescos j’en ai 1 sur 3 qui est parti sous leurs radulas, auquel cas mieux vaut prévoir quand-même des plants surnuméraires pour les remplacements😉

    Il était vriament bizarre cet été
    C’est rigolo que tu dises ça comme s’il était fini, parce-qu’ici l’été on en est juste à la moitié.

  3. tom dit :

    dans les fermes que j’ai pu visiter dans les contrées humides (limousin et ardèche), le paillage n’est utilisé que pour protéger des gelées (les dernières en mi-juillet en ardèche!), sinon il paraît que le sol reste trop humide.

    en creuse, ils faisaient des buttes mais en lignes, pas en lits comme au sens de l’humus (cad un pied par butte en largeur). pour que justement les pieds s’irriguent par capilarité sans être noyés. à chaque fois qu’il pleut (souvent!) ET que ça sèche (bien moins souvent déjà, même en plein été!), ils passent avec une sous-soleuse (une dent de 2-3cm de large) tirée par un âne entre chaque butte. ça permet de casser la croûte dans les sillons pour que les pluies suivantes s’infiltrent bien.

  4. fabien dit :

    En Corse aussi, été bizarre.
    7 jours sous les 25° (de maximales) à Calvi depuis le 1er juillet. La moyenne, c’est un ou deux jours maxi en juillet-août.
    En revanche, côté pluie, c’est normal : un jour de pluie en juillet, deux en août.

    Un lien intéressant : http://www.meteo-fr.net/climatologie/villes.php?code=7754&mois=8&annee=2007
    On a accès à pas mal de villes.

  5. mirza dit :

    Ici on a eu un été normalement sec, mais anormalement tiède. Résultat, pas tant de problèmes qu’ailleurs (pour les tomates notamment), mais tout de même, les dernières, là, peinent à mûrir.
    Il était vriament bizarre cet été.

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