Retour d’expérience sur semis

On dira ce qu’on voudra, mais le semis, c’est un moment important au jardin. Et on dira ce qu’on voudra, mais y’a des plantes qui font qu’à réclamer qu’on s’occupe d’elles pendant leur jeunesse. Et ça me donne la réponse à une question de Jeuf : non, Jeuf, il suffit pas de balancer des graines au hasard, et tout pousse. C’est un peu plus compliqué, et des fois, ça marche pas.

Par exemple, les laitues, épinards, arroches et roquette sauvage, balancées à la hussarde dans notre argile terreuse (j’ose même plus dire terre argileuse), au début de ces trois semaines de sécheresse, n’ont pas apprécié vraiment le traitement. Au bout de 15 jours, à peu près 0% de germination. Elles sont peut-être en dormance, attendant le moment propice pour pointer le nez, mais pour la patience du jardinier, c’est dur.

En revanche, les fèves ont adoré d’être enfoncées sans ménagement dans la gadoue. Ca leur a rappelé leurs lointaines origines marécageuses, et elles ont pris leurs aises. Trois semaines pour sortir, tout de même, mais maintenant, elles pointent crânement vers le zénith. Tout comme les pois. Enfin, ceux qui ont échappé aux combats de chats et de mulots qui ont lieu toutes les nuits sur les buttes. Les bestioles raffolent du BRF.

Bon, avant qu’on me le demande, je vais passer à la tomate. Ce qui suit est l’indispensable complément de SOS tomates battues. C’est encore une fois un mélange de lectures, de réflexions et d’expériences, qui demande à être affiné…

On le répètera jamais assez : première règle du semis de tomates, le faire au bon moment, c’est-à-dire pas trop tôt. Si vous voulez des tomates précoces, achetez des variétés hâtives, y’en a plein chez Kokopelli. Si vous voulez des tomates très précoces, plantez-les sous les tropiques. Mais ne gardez pas vos tomates 3 mois sur un chauffage à la maison, dans un pot de 8 cm, pour espérer récolter en juin.

Pensez que le développement racinaire d’une tomate est à peu près égal en volume à son développement aérien : un peu moins sur le plan vertical, un peu plus sur le plan horizontal. Garder des plants de 30cm dans des pots de 8cm est absurde. C’est l’assurance de plans faibles et sujets aux maladies et parasites. Prévoyez donc de mettre en pleine terre un plan qui ne dépasse pas deux fois les dimensions du godet : soit une quinzaine de cm en développement aérien, soit moins de 6 semaines après germination.

Les tomates se mettent en terre, en climat montreuillois, entre les derniers jours d’avril si la météo est bonne et si on aime le danger, et la fin juin. Ce qui fait une date de semis entre la mi-mars et fin avril, en gros. Elles germent en une semaine, parfois un peu moins, parfois nettement plus, il ne faut pas forcément s’inquiéter. Elles se reconnaissent bien au milieu d’éventuelles mauvaises herbes du fait qu’elles « font la crosse », et que leur tige est velue.

A partir de là, et ça, c’est la méthode Sens de l’Humus, tout le jeu va consister à être dur avec elles, juste ce qu’il faut pour en faire des solides gaillardes, mais pas trop quand même, mortes ou gravement handicapées, ç’est pas utile. Ce qui donne ceci :

Surtout, dès qu’elles sortent de terre, leur donner suffisamment de lumière. Sinon, elles iront la chercher en étirant démesurément leur tige et deviendront très fragiles. Les habituer rapidement au soleil, dès le stade cotylédons, en les mettant sur une fenêtre à l’est ou à l’ouest quelques jours, puis carrément plein sud dès les premières feuilles. Elles se développeront alors en épaisseur plutôt qu’en longueur, n’étant pas contraintes de chercher la lumière.

Dès que la température dépasse 10-12°, les mettre dehors. Selon la météo, ça peut vouloir dire les sortir quelques heures l’après-midi, ou bien carrément les laisser dehors en permanence, comme on a pu le faire ces derniers jours. L’objectif est d’obtenir des plants trapus, aguerris, qui ne souffriront pas de leur entrée dans le monde dans quelques semaines.

Les repiquer en godet relativement tôt, entre deux et quatre feuilles. En revanche, et c’est essentiel, être excessivement précautionneux vis-à-vis des racines. Ce n’est pas parce que cette partie de la plante est invisible qu’il faut la négliger, au contraire. Bien prendre toute la motte de terre, repiquer profond, juste au-dessous des cotylédons. Les plants ne doivent pas piquer du nez dans les heures ou les jours qui suivent le repiquage. Le cas échéant, essayer de semer directement en godets.

Surtout, aucun engrais soluble de type NPK, rien que de la terre de jardin, du compost et du jus de lombricompost. Considérez qu’avec un tiers de compost bien mûr, votre plant se trouve déjà dans une situation bien plus riche que la terre dont il bénéficiera à la plantation. Arrosage modéré, par capillarité, incitant la plante à étendre ses racines dans tout le godet le plus rapidement possible.

Reste plus qu’à attendre et à prier les dieux…

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4 commentaires pour Retour d’expérience sur semis

  1. Jeuf dit :

    Moi aussi, je retourne sur les semis, d’y a trois semaines.
    Les amaranthes, que j’ai semé trop denses, ont germ..Mais sur certaines zones et pas sur d’autres, c’est embetant, je comptait sur elles pour couvrir un bout de 4m² de terre.
    Sinon, la méthode de semis dans l’herbe, peut-être que ça marche pas (pour tout). Mais j’avais un reste de compost, tout un tas de graines de toutes sortes, mélangé, je mets les grains dans le compost, arrose trois soirs, et plus tard j’obtiens des plants. que je transplanterai avec la petite pelle. Je m’embete pas à faire plus compliqué.

  2. bzzz dit :

    Euh… J’ai aussi plein d’échalottes et oignons germés, bio;
    et des cosmos mellifères…

  3. bzzz dit :

    Bravo pour les semis !
    Avez vous pensé à donner des compagnes et de compagnons aux tomates, pas trop hautes , et néanmoins stimulantes pour les solénacées rougissantes, telles;que oeillets d’inde , zinnias, persil, coriandre et basilic….
    FFabinoo, aurais tu gardé quelques graines de persil pour moi , siouplé ?

  4. Jeuf dit :

    « Et ça me donne la réponse à une question de Jeuf : non, Jeuf, il suffit pas de balancer des graines au hasard, et tout pousse. C’est un peu plus compliqué, et des fois, ça marche pas. »
    Disons qu’on balancera les graines, mais pas totalement au hasard : on vera en fonction des plantes bioindicatrices qui sont sur chaque parcelle de 1m² mettons.
    Et au bout de quelques années aussi, avec la méthodes aggradante, on aura une superbe terre qui conviendra à n’importe quelle graine quasiement, ou alors elle fait vraiment sa précieuse ridicule et on l’oublie.

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